Photo: courtoisie chef-serveur Resto Père Pagès

Rue du Père-Lachaise, Paris (2007)

 

Gérard Pricorne

(Joseph I. Janvier, dit)

1955

Poète d’Haïti résidant aux Etats-Unis

depuis 1987

Haitian Poet living in United States

since 1987

Contact: jgpjanvier@gmail.com

Biographie*

 

Par

Cécile Carpentier

(Vermont, USA)

 

*(English version by Prof. Joram Réjouis follows)

 

 

Gérard Pricorne ou Pricorne Janvier (son nom de poète), né Joseph Innocent Janvier (1955), a grandi à Port-au-Prince (Haïti), dans le quartier avoisinant la résidence du poète Davertige (Villars Denis) dans le Morne-à-turf. Ce fut aussi que son aïeul Louis Joseph Janvier un siècle avant aurait pris naissance. Il avait environ cinq ans lorsque sa mère se sépara de lui. Celle-ci s’éclipsa dans un incognito qui dura plusieurs décennies. 

Il revit sa mère au début de sa trentaine à l’occasion de son premier voyage aux États-Unis. Un médecin ami lui dit un jour que sa mère a infusé  le venin du poème dans son sang. Autrement, l’absence de sa mère aurait fait de lui un poète.

L’enfance et l’adolescence de Pricorne Janvier ont été sévèrement affectées par des malaises liées ā l’asthme, une migraine persistante, la dépression, et un ulcère de l’estomac pour lequel il a du subir une intervention chirurgicale. Néanmoins, il s’engagea dans l’apprentissage de la diction française, du théâtre, et de la radiodiffusion au Conservatoire National d’Art Dramatique et à l’Institut Pédagogique National.

Ses instructeurs, entre autres Jean-Paul Micoulo à l’IPN, Gérard Résil, Denise Pétruce Dupont au CNAD, découvrirent son talent d’interprète et de présentateur. Leur encouragement inspira Janvier à s’exercer dans le journalisme artistique et culturel à la radio. Il écrira aussi dans les journaux anciens de la capitale (Le Nouvelliste par  exemple). Son expérience de reporteur culturel à travers les media et la presse s’étend sur une combinaison de quatorze années partant de 1977. Gérard P. Janvier fit un stage en journalisme comme boursier du gouvernement français en 1986. Deux autres voyages adressèrent de brèves présentations sur la littérature et la poésie ā Mantes et à Paris. L’instabilité social et politique subséquente au départ de Duvalier fils alerta Janvier. Il décida de rejoindre sa famille personnelle (son épouse Vagnola et sa fillette, Elizabeth) alors résidant  à New York.

Il s’établi à New- Jersey où il devint instructeur de méthodologie pour l’anglais comme seconde langue ā Essex County Collège, et tuteur de composition française ā Rutgers State Université (Newark, New Jersey).

Détenteur d’un bachelier dans les études appliquées à la sociologie et à  la culture, Il vit présentement à Chicago ou Il acheva une maîtrise de clinicien généraliste en psychothérapie.

Gérard Pricorne aurait écrit ses premiers poèmes vers la fin des classes primaires. La tardive publication de Miroir (1974) en fut l’expression sans succès. Il surprendra cependant ses collègues et la critique avec la publication des poèmes de tendances surréalistes ou quasi abstraits de Face du Dos (1978), Vents et Marées et Orée du 8e Jour (1983). Ces publications accompagnées de nombreux inédits devinrent les Poèmes de L’Avant-Jour (1988) publies en France par  St Germain-des-Prés  éditeurs, dans la collection « chemin Profond ».

En juin 2004, il reçut le Shakespeare Trophy of Excellence Award, des suites d’une convention dédiée aux fameux poètes internationaux de l’hémisphère occidentale. Ce trophée lui a été remis par l’Institut des Études Supérieures en Poésie (Oregon, USA). Les actuels inédits de Pierres Éparses pour un Soleil Pris en Otage seront publiés avec une traduction anglaise.  

En février 2007, il revisita Paris sur une invitation de l’association du Festival franco-anglais de poésie et art visuel (Festrad). Depuis 2005 La Traductiere, revue officielle de Festrad publie annuellement des inédits de Pricorne Janvier avec traductions en Anglais.

 

Biography

(Adapted from an earlier French version)

By

 Prof. Joram Réjouis, Ed.D **

 

Gerard Pricorne or Pricorne Janvier (his pen’s name), was born: Joseph Innocent Janvier in 1955. He grew up in Morne-a-Turf, a notorious Port-au-Prince neighborhood, known as the birth place of many famous Haitian writers and artists, such as Villars Denis (a.k.a Davertige), Louis Joseph Janvier and others.  Janvier’s mom left him behind when he was five years old to settle in the US.  They were reunited decades later with his mom when Janvier was in his early thirties.  He was told that his mom had infected him with the poetic venom; in other words, the absence of his mom had fueled his poetic inspiration. 

 

Janvier’s childhood was characterized by many unfortunate incidents, including several bouts of illnesses which have taken a serious toll on his life. He suffered from asthma, depression, a chronic migraine, and had surgery for an ulcer. 

In spite of it all, he pursued formal training in French and theater at such prestigious institutions, like the National Conservatory of Performing Art (CNAD), and in education at the National Pedagogical Institute (IPN).  His instructors discovered his talents for presentation and interpretation, and encouraged him to pursue a career in broadcasting and journalism.  His journalism career had a 14 year-span (1977 – 1991).   Janvier published in some of the most prestigious magazines and journals of his time, such as Le Nouveliste, Haiti’s oldest publication.

The instability of the Duvalier aftermath in Haiti prompted Janvier to relocate to the US to reconnect with his personal family, in 1987.  He first settled in New Jersey where he worked as and ESL instructor at Essex County College and tutor of French Literature at Rutgers State University. He now lives in Chicago where he obtained a Bachelors Degree in Applied Social Studies and a Masters Degree in Clinical Psychology.

Gerard Pricorne first verses came to light in elementary school.  His first poems, Miroir (Mirror), were published in 1974 without much success. Few years later, he took the literary world by storm with the publication of Face du Dos (Visage of The Back) in 1978, Vents et Marees (Winds and Tides) in 1983.  In 1988, he published in France a collection of poems entitled Poemes de L’Avant-Jour (Poems of the Dawn) with the French publisher St. Germain-des-Pres, in the collection “Chemin Profond”. In 2004, he was awarded the Shakespeare Trophy of Excellence Award by the Institute of Advanced Studies in Poetry (Oregon, USA).

Janvier’s literary success led him to Paris.  In 1986, he was the beneficiary of a scholarship from the French Government to study Journalism at the CFPJ.  He later made two special trips to lecture on literature in France. He returned to Paris in February 2007 in response to a special invitation from FESTRAD (an annual Anglo-French Festival of Literature, Translation and Visual Arts).  FESTRAD official review, La Traductiere, has been publishing Janvier’s work since 2005.

 

** Dr. Joram Réjouis, Ed.D. Director of Schools, Related Services and Grant Programs, Essex County, New Jersey

Professor of Political Sciences and English as a Second Language, Passaic County Community College, New Jersey

 

La Presse/The Press

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« Parler de création au milieu de ces peintures, c’est recevoir d’elles un défi qui oblige la parole à être digne de son sujet…Permettez-moi de mettre en exergue un court poème…il ouvre la voie à notre méditation…sur le surréel. Le titre de ce poème est Tragédie. Le rapport entre le réel et le surréel ne va pas de soi, et certains peuvent le vivre, en effet dans le tragique ». (Prof. Dr. René Passeron, 1981, introduisant sa citation d’un court texte de G. Pricorne, ci-contre) [translation wanted]

 

…Autrement avec les « humanoïdes » nous entrons dans un univers moins volatile ou les vides pèsent autant que les pleins, évoquant étrangement Magritte, comme dans « Passage et Cyborg »…Patrick Vilaire (artiste peintre, et sculpteur haïtien) expliquant sa démarche ? Non, Gérard Pricorne Janvier in poèmes «Vents et Marées» (Jacques Gabriel, présentation de « Dessins et Sculptures de P. Vilaire » 21nov. 1985. Musée d’Art Haïtien)

 

« L’absurdité d’une vie, la liberté ou l’amour feront de son œuvre la « chanson malaise d‘une époque. Et…une touche de prolétarisme comme dans les poèmes de René Morhange ou dans les toiles de Fernand Leger » (Poète, St-John Kauss, journal Le Matin, 24 nov.1981, p4)

 

…Fascination d’un feu plus vif. Eclatement d’un sang aussi rebelle que la lumière… (Franketienne, Note a l’auteur, 1983)

 

La simple lecture ne suffit pas…Il faut s’extirper de sa carcasse de zombi, ouvrir nos pétales de métal  aux chants des « Vents et Marées »… (Gary Victor, journal Le Nouveau Monde, 5 sept. 1983. Les pulsations fondamentales d’un être chercheur)

 

Il s’agit ici d’une des œuvres les plus secrètes, mais aussi...des plus suggestives de notre littérature…Il rappelle irrésistiblement  St-Aude… (Prof. Edriss St Armand. Note à l’auteur 1983)

 

«Toutes les coordonnées d’une névrose existentielle » (Alix Damour,  Journal Le Matin 12-16 fév. 1983, P3)

 

…Un remarquable témoignage de la poésie française d’Haïti, après Magloire St Aude, René Depestre le sensualiste, et tant d’autres autour du groupe « Haïti Littéraire ». (Notes du Comité de lecture des Editions St-Germain des Prés, Paris 23 sept. 1986).

 

…signifiant plus qu’il ne dévoile…laissant aux lecteurs la latitude d’élargir le texte en autant d’états d’âme que de relectures… (René Philoctète, in Préface à « Vents et Marées », 1983)

 

 

Tout  en lui est à l’état de tension ; la chair et l’esprit, la volonté de croire et le désir d’agir, le besoin de lumière et le gout pour le mystère… (Martial Seide, Journal Le Nouveau Monde 5 Juin 1984)

 

…un genre d’animateur-radio très rare chez nous et très select, a l’instar de, feu Richard Brisson, Fréderic Surpris, Gilbert Fombrun, Ralph Boncy, Daniel Marcelin (coté musique)  Clarence Renoît.

-Gerard P Janvier, animateur à Radio Nationale a repris le micro, après quelques absences. « Le Banc de Amoureux » a retrouvé son véritable animateur. (Walcam et Georgio, Le Matin 14 et 15 oct. 1986)

 

 

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tableau2

Gerard Pricorne (Joseph I. Janvier, dit)  recevant  le Shakespeare Trophy of Excellence Award, d’un membre de l’Institut des études avancées en Poésie, Oregon USA (Nevada Convention 2004)

(J. Janvier was receiving the Shakespeare Trophy of Excellence Award from a member of the Institute for Advanced Poetical Studies, Oregon USA ( Nevada Convention 2004)

Extraits des poèmes/ Poems extracts/

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Sur la page du rêve

gît encore

Le cadavre d’une réalité

Tragique

ce poignard rouillé

du rêve

flanqué

dans la chair fade du réel

(Face du Dos, 1979) [translation wanted]

*Cité par Dr René Passeron (philosophe, artiste, directeur de l’Institut d’esthétique et des sciences de l’art- Paris 1, Sorbonne) dans sa présentation a l’ouverture des moments de l’Exposition Connaître les Jeunes Peintres. Prémisses de l’Institut Français d’Haïti à Port-au-Prince, le 20 octobre 1981 (Conjonction, revue franco-haïtienne No 153, Mars 1982). [translation wanted]

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Contre la mort du poème

ta voie de sel ma puanteur de marais

Contre la mort de l’indigent

mon frère de rame O camarade des marées

n’adresse  plus cette fée

anathème tramé dans les feuilles souillées de l’agenda

 

Ta charpente d’espoir greffera

nos pages blanches

Ta sueur en otage vaincra l’impunité du sort qui nous a vus porter

ma folie de survivre en bandoulière

notre âme

en fétus de paille entre nos dents

(Inédit, Épitaphe secrète pour Alix Damour) [translation wanted]

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En interview pour la presse ou la radio (1981-1986), Gerard P Janvier  a rencontré :

Cinéma/Théâtre : Frédéric Surpris, Francis Girod, Jean-Lou Dabadie, Ariel Zeitoun, Jn-Paul Miccoulo, Théodore Beaubrun- Chant/ Music : Nicole St-Victor, George Moustaki, Raymond (Ti-Roro) Baillergeau, Emerante DesPradines Morse, Martha-Jn-Claude, Jean-Coulanges-

Littérature/Recherches/ Philosophie : Dr René Passeron (Sorbonne), Alain Robbe Grillet (Nouveau Roman), Félix Courtois, Dr Pradel Pompilus, Raymond Bernard (Imperator Rose-Croix)……Dr Roger Gaillard (Histoire), Dr Henri C Bernard (Education), Jean-Brierre (poète), Dr Hubert DeRonceray (sociologie), Prof. Toussaint Desrosiers, Pierre Monosiet (Musée d’art),  Dr Michel P. Lerebours (Critique d’art), Jn-René Jérôme / Bernard Séjourné /Lyonel Laurenceau/ Rose-Marie Desruisseaux /  Georges Paul Hector/ Mme Roland Dorcely (Artiste-peintre) Albert Mangonez, RFI Culturel….

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Articles écrits par ou référant à Gérard P. Janvier

 

Comment écrire sur L’œuvre…

Chronique culturelle radiodiffusée par Raymond Succar, Radio Nationale D’Haïti, 1986

 

Conférence de presse de cinéastes français à l’hôtel Oloffson- Article par Dr Frantz Large, Le Courier magazine 10-17 jan. 1986

 

Feu René Philoctète et Nouvelle Haïti Littéraire - Réflexions et Mémoires- Par Gerard P Janvier (Haïti Observateur 29 nov. 6 déc. 1995 p6, 9)

 

Figures d’Haïti, 35 Poètes pour Notre Temps- Anthologie par Dr Jacques Rancourt 2005, p126, 127, 128, 154,155/ Editions : Le Temps des Cerises & Ecrits des Forges Poésie/

 

En Haïti la poésie est un soleil- par Charles Dobzynski, magazine Aujourd’hui Poème, Paris, mars 2005 # 59 p5)

 

 

Janvier (centre) entouré de ses plus jeunes filles Sabrina (gauche) et Elizabeth (droite), Chicago déc. 2003. Ses aînées Louise-Pascale (30) et Joëlle-Cynthia (29) résident en Floride.

Suite de Poèmes/ Rencontres professionnelles/ Articles/

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Lourd et secret je déambule 

dans les artères du folklore de l’autre

Il n’a d’oreilles que pour lui seul

En vain encore je m’éparpille

mille en aucun de mes géants dans l’obscur

 

Il n’est point que mon singulier pluriel impressionne

Nous

sommes seulement plus vulnérables dans la pénombre de l’inconnu

 

(Pénombre, extrait d’une suite de poèmes sur un thème. La Traductiere 2009 #27, p.3, p60/Accompagné d’une Illustration graphique par Jn-François Caillarec.

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Même s’il y a du vent

je porterai

même si l’immonde agresse la foi de mes paupières

mon étincelle

Pour l’amour ancien de survivre

ma grimace ancestrale du pendu qu’on promène

Dans l’inconnu je porterai

les doléances de ma chétivité

 

Pour une justice de champs et de saisons tranquilles et pleines

 

Hantise ancienne de l’obscur

ma nébuleuse

changera

(Inédit) [translation wanted]

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Plein creux

Creux plein

Ta tête noire et

Lourds mes sens

 

Un rêve de limace

dans le ciel de ma boue

 

(extrait de Vents et Marées, 1983)

 

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Articles écrits par ou référant à Gérard Pricorne-

La Culture A Bout Portant

La Face du Dos : La Force du Non-Dit, par AdyJeanGardy, Petit Samedi Soir #33, 11 avril 1980

 

René Passeron- Création et Surréel

Conférence tenue à l’Institut Français D’Haïti le 20 oct.1981 (Conjonction- Revue Franco-Haïtienne #153, Mars 1982)

 

Gérard Pricorne Janvier ou La Territorialité d’une Solitude Millénaire, Article par Alix Damour-  (Le Matin 12-16 fév. 1983, p3)

 

L’Essentiel, ce que l’on ne peut voir- une interview avec Gérard P. Janvier (Le Matin 22-23 Juin, 1983)

 

La Semaine Culturelle- Lettres, Arts, Spectacles, par Gerdy (Huguette Hérard), (Petit Samedi Soir 1983, p6)

 

D’ici et D’aujourd’hui- Poésie, Poésie, Poésie avec Gérard P Janvier, Interview par Pierre Raymond Dumas (Le Nouvelliste 10-11 nov.1984, p4, 5,13)

 

Naima Gwen Lewis- Le geste et la pensée du devenir, par Gérard P. Janvier (Nouvelliste, 8 nov. 1985)

 

Louis Jacques Depestre dénonce les masques- Article par Gérard P Janvier (Le Matin 10 déc. 1986 p12)

 

Penser l’Amour A L’Haïtienne- Aplanir les Sentier du Messie Haïtien-  Article par Gérard P Janvier, (Le Nouvelliste, 29 déc. 1986, p7)