FRANCIS COFFINET

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Francis Coffinet
Photo © Monique Mathey


Les mots de Francis Coffinet s'infiltrent lentement dans le substance crayeuse du verbe. A peine écrits ou dits qu'ils se dérobent et s'effacent, mais pour mieux revenir sous un autre rythmes, une autre image.

"Je t'ai construit dans la promesse" est un parcours qui s'inscrit dans le mouvement secret de la parole où se trament tous les instants, toutes les figures que la vie rend possibles; c'est aussi un champ qui dit le silence nécessaire au franchissement du temps.

 

"Ici un homme, sans cesse, se remémore

tous les noms des vivants

 

dès qu'il en oublie un

un autre homme, plus haut situé sur le versant,

l'accueille en sa mémoire

ainsi, toujours, quelqu'un veille en amont."

 

(La t.i.l.v./ anagrammes, éditeur :
quatrième de couverture)

FRANCIS COFFINET OU L'ECRITURE EN ARCHIPEL

Une écriture en archipel, avec de petites îles solitaires et superbes, ciselées comme un continent entier, et fines comme un cristal mental.

Francis Coffinet n'enferme pas la création poétique dans des relents formels éprouvés. La prise de risque, audacieuse et ténue, est constante. L'écriture voyage : elle avance royalement, et dans la conscience aiguë de 1'existence affective et de 1'exigence morale, fût-elle transgressive. On pourrait dire, plus simplement, dans le respect des mots, tous saisis à la gorge, dans le dépouillement de l'essentiel, et dans la discrétion d'une vue hautaine.

L'écriture de Francis Coffinet, de haute délectation, envisage gravement 1'émotion, et se creuse de sublimes voies de traverse. Cette parole est lente, retenue au-dessus du vide. Lenteur sourde d'une invisible marée, et d'une sensibilité de scalpel. Sa musique frôle le silence, pointe de ciel plutôt que tempête lyrique, et sud verbal plutôt que vague déferlante.

La noblesse poétique hante des lieux nus et peu fréquentés.

La lecture de Francis Coffinet est précieuse comme eau dans le désert, comme trait de lumière dans l'opacité bruyante de la modernité. Ecriture aiguë d'un homme en qui le poids des mots atteint les secrets conjoints de la chair et de l'univers. Fragilité et densité s'entremêlent dans l'âpreté, la pudeur, et la plus extrême rigueur.

Sidérante exploration des gouffres intimes du microcosme intérieur. Immense travail de la langue, juste sous la surface des mots, de la peau et de la vie.

Christian NOORBERGEN


Christian Noorbergen est auteur et critique d'art. Il a publié le volume sur Roger Gilbert-Lecomte de la collection « Poètes d'aujourd'hui », éditions Seghers, ainsi que plusieurs essais et livres d'art.

Publications :

 

LE CORPS S'OCCULTE

(accompagné d'une Eau-Forte d'Anne-Marie Soulcié)

Editions Brandes

 

INSTANTS

(avec une linogravure de Laurent Debut)

Editions Brandes

 

D'AIR ET DE BOUE

Editions de la Librairie Bleue

 

LA TERRE ET LA TEMPE

Editions de la Librairie Bleue

 

L'ARGILE DES VOYOUS

Editions Le Mont Analogue

 

UNE AIGUILLE DANS LE COEUR

(avec un frontispice d'Alain Richard)

Editions Le givre de l'éclair

 

CONTRE LE FRONT DU TEMPS

Editions Le Mont Analogue

 

MARCHE SUR LE CONTINENT EN VEILLE

Ouvrage bilingue traduit en roumain par Horia Badescu

Préface par Salah Stétié

(avec un frontispice de Jérôme Sterbecq)

Editions de la Librairie bleue

 

JE T'AI CONSTRUIT DANS LA PROMESSE

La T.I.L.V./ANAGRAMMES Editeur

http://www.chez.com/editionsanagrammes/

 

PRINTEMPS ET ASHURA adaptation en français

De Kenji Miyazawa (traduction de Françoise Lecoeur)

Editions Fata Morgana

http://perso.wanadoo.fr/fatamorgana

 

LES ARMES DU SILENCE

Editions L. Mauguin

http://lmaug1.free.fr/ http://lmaug1.free.fr/

 

UNE FLEUR SOUS L'ACIDE - Tirage limité -

Livre peint par Jean-Pierre Thomas et écrit à la main

Issy-les-Moulineaux, décembre 2000

 

AUX EFFLUVES COMME AUX ESTUAIRES

Plaquette publiée dans la collection "à voix hôte"

Editions Le givre de l'éclair

 

LA TERRE ET LA TEMPE

Version bilingue français/bulgare

Traduction de Nikolaï Kantchev

Editions de la Librairie Bleue

 

Choix de poèmes :

 

Ici un homme, sans cesse, se remémore

tous les noms des vivants

 

dès qu' il en oublie un

un autre homme, plus haut situé sur le versant,

l' accueille en sa mémoire

 

ainsi, toujours, quelqu' un veille en amont.

(je t' ai construit dans la promesse,
la t.i.l.v. / anagrammes, éditeur)

 


 

Je ne peux plus dormir,

 

je me glisse sous tes paupières

je deviens cette brume diffuse que tu mêles à ton sommeil

tu m' apportes le repos par osmose

 

tu travailles à la plus haute des sciences :

tu ouvres les portes à ceux qui ont les mains liées.

(galaxie virale)

 


 

Ma philosophie est celle de l'ondée

 

elle irrigue

mes veines et mes artères

mais toujours à l'inverse du sang.

(la terre et la tempe,
les cahiers bleus, éditeur)

 


 

Poème qui n'oublie pas

pour l'amour d'un être brisé

donne-moi de la lumière.

(dans la stricte exigence du délice)

 


 

J'appelle les papillons tactiles

le monde glisse sur ta peau -

pas de récif

pas de mains qui retiennent -

un ballet ou ceux qui s'endorment sur les yeux

se réveillent sur les lèvres.

(épreuves chamaniques)