30e Festival franco-anglais de poésie

Sculpture sur prose / Prose Sculpture

Paris - juin 2007

    P o è t e s   i n v i t é s 
(voir aussi les traductions croisées parues dans la Traductière n° 26  

 

David Applefield

Eric Brogniet

Magda Carneci

Carole David

Martin Harrison

Max Rippon

Fiona Sampson

Fabio Scotto

George Szirtes

Poètes

Notices biobibliographiques

Poèmes à traduire
(ateliers
de traduction)
(tous droits réservés)

David Applefield

(Etats-Unis)

 

David Applefield

 

Ecrivain et éditeur, originaire de Boston et vivant à Paris depuis la fin des années 1970.

Ses poèmes ont paru dans Paris Magazine, Poésie et The Literary Review.

Auteur de deux romans, Once removed (1997) et On a Flying Fish (2003), tous deux parus chez Mosaic Press, il a aussi rédigé des guides populaires de Paris : Paris Inside Out et The Unoficial Guide to Paris.

David Applefield a par ailleurs fondé la revue littéraire et artistique Frank, qui a fait paraître 20 numéros au cours des 20 dernières années, présentant le travail de création de quelque 1 500 auteurs et artistes d'une trentaine de pays. Il a également édité le roman Aka de l'auteur franco-étatsunien Jean Lanmore.

 

I AM REMINDED WHY I HATE POETRY (extract)

 

Who listens to a poem 
who feels different
I walk to my mailbox from habit.
impersonal messages build themselves in ink
and I read them like the poems that were meant
and I read them like they were for me

i could bake
i could polish the paint 
I could make a call or rake

The eject button works
the archive of voice goes back
it has succeeded at nothing
i'm sorry for wasting 

I'm delighted as if I had a choice

Time that belongs to no one.

(31 December 2006)

Eric Brogniet

(Belgique)

 

Brogniet

© Coll. particulière de l'auteur
Libre de droits pour la Promotion des Lettres.

 

Éric Brogniet est né à Ciney le 16 août 1956. Fondateur et directeur de la revue de poésie Sources (1987-2000) et directeur de la collection « Poésie des régions d'Europe » (1988-2000), il est membre du Comité de rédaction de la revue L'Etrangère (Bruxelles) et de la revue littéraire de la francophonie Riveneuve Continents (Marseille/Paris). Après avoir été de 2000 à 2003 chargé de la politique des Lettres et de la Lecture auprès du ministre des Arts, des lettres et de l'audiovisuel de la Communauté Wallonie-Bruxelles, il est aujourd'hui directeur de la Maison de la poésie et de la langue française à Namur et directeur général du Festival international et du Marché de la Poésie de Namur.

Il a publié plus d'une vingtaine de livres de poésie, dont Autoportrait au suaire (l'Age d'Homme, 2001), Mémoire aux mains nues et Une errante intensité (éd. Le Cormier, 2001 et 2003), La nuit incertaine (trad. néerlandaise Jan Miskijn, livre d'artiste avec Luce Cleeren, TranSignum, 2004), Parole et empreinte (livre d'artiste, avec Roland Castro, TranSignum, 2004), ainsi que trois essais critiques : Christian Hubin, le lieu et la formule, Jean-Louis Lippert : approches du narrateur en aède, athlète et anachorète(éd. Luce Wilquin, 2003) et La poésie arabe contemporaine : vers un nouvel humanisme ? (La Renaissance du Livre, 2001). Il a reçu de nombreux prix littéraires en Belgique comme à l'étranger. Son oeuvre poétique 1982-2000 a paru en deux tomes aux Ed. L'Arbre à Paroles (2002).

LA PORTE DU SOLEIL...

 

La porte du soleil et la maison des larmes
Ils sont entrés dans la cave du jour
L'aube sera meurtrière ou ne sera pas

Dans ses bouquets de ronces passagères
Comme la mort debout sur la grève
Et qui ne bouge pas d'un pas

Quand il pleut des étoiles à travers
La mémoire des armes et des alarmes
Un veilleur au milieu des tueurs

Siècle malsain où l'âme se hait de n'être machine
Il faut pour parler surtout ne jamais s'entendre
Et d'une grammaire mortifère déployer le discours

Nous avançons sans savoir mais non sans pressentir
Ce que sera le futur : toujours le temps est une épreuve
Qu'il nous faut reconstruire

          Du ciel pleut sur ces oliviers où le souffle
De la brise dérange le port mélodieux des jardins
Ainsi que le fait de toute éternité l'Histoire et son cortège de cendres

Théâtre d'ombres où, sans souffleur, nous apprenons vaille que vaille
L'intrigue et ses répliques, face aux sièges vides, dans la lueur aveuglée
Du néant

 

Magda Carneci

(Roumanie)

Carneci

 

 

 

Poète, traductrice, essayiste. Titulaire d'un doctorat en histoire de l'art à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences sociales de Paris (1997), elle a fait partie de la célèbre « génération 80 » de la littérature roumaine, dont elle a été un des théoriciens. Après avoir travaillé comme professeur invité à l'INALCO, Paris, elle dirige à présent l'Institut culturel roumain de Paris.

Auteur de plusieurs volumes de poésie en roumain (Hypermatière, Un silence assourdissant, Chaosmos et Poèmes politiques╔), ainsi que d'essais sur la poésie et sur l'art visuel contemporain de l'Europe de l'Est et des Balkans, elle a aussi publié en français le recueil Psaume (Marseille, Autres Temps, 1997), des proses et des essais dans les ouvrages collectifs, et des cycles de poèmes dans les revues Action Poétique, Poésie, NUNC, SUD, Autres, etc.

Elle a en outre traduit en roumain plusieurs poètes français (Pierre Oster, Michel Deguy, Claude Esteban, Anne-Marie Albiach, Paul Louis Rossi, Marie Etienne, Dominique Fourcade, Alain Lance╔) ainsi que de nombreux poètes anglo-saxons, tels Allen Ginsberg, Sylvia Plath, Seamus Heaney, Marianne Moore, Medbh McGuckian╔ Elle participe souvent à des colloques et débats portant sur l'Europe du Sud-Est et sur l'Europe culturelle.

PARADIS POÉTIQUE

 

dans une bibliothèque concentrique

fleurissait sans cesse   le dattier rouge et blanc 

dans un palais à mille et une pièces

près de l'atelier du vieux potier

bourgeonnait un petit labyrinthe vert

comme un oeil perdu de sauterelle :

là se reflète sans faille l'image bleue ciel

d'une cité ronde et carrée

taillée dans une perle :

à travers son grain de sable nacré

on entend un fleuve céleste

qui se jette tout entier comme une goutte

dans un livre sans pages

qui peut être lu seulement

par la joie du lecteur au coeur pur et parfait.

 

Carole David

(Québec)

 

Carole David

 

Poète, romancière, nouvelliste, née à Montréal (Québec), Carole David détient un doctorat en études françaises et est professeure de littérature. Elle s'intéresse d'abord à la critique et collabore à différentes publications dont le journal Le Devoir. En 1986, Carole David a remporté le Prix Émile-Nelligan pour Terroristes d'amour et, en 1996, le Prix de poésie Terrasses Saint-Sulpice de la revue Estuaire, pour Abandons. Son roman Impala (1994), publié en anglais et en italien, a été finaliste au Prix du journal de Montréal et au Prix de la ville de Montréal. Elle a été en nomination au Prix du Gouverneur général pour La maison d'Ophélie (1998). Impliquée depuis plus de vingt-cinq dans le milieu littéraire québécois, elle a été présidente de la Commission du droit de prêt public du Canada (2004-2006) et est, depuis décembre 2006, présidente d la Maison de la poésie de Montréal. Elle a participé à des salons du livre et à des tournées en France et en Italie. Son dernier recueil, Terra vecchia (2005), a été finaliste au Grand prix Québécor du Festival de poésie de Trois-Rivières.

ALTER EGO

 

Debout dans la cuisine
je pense à Mohammed Ali
à son alter ego Cassius Clay

Les enfants tournent dans leur lit
encore un cauchemar
où personne ne me reconnaît
Voilà pourquoi je ne dors plus
j'attends un feu dans la nuit
un feu
qui ne vient pas

Le soir, je reste
à la fenêtre
j'imagine le boxeur et son ombre
dans l'arène
paupières ouvertes
shorts collés aux cuisses
il cherche un feu
qui ne vient pas
il veut tuer celui qui l'habite
puis aimer celui qu'il n'est pas

 

(poème tiré d'Abandons, Montréal,
Les Herbes rouges, 1996, p. 29)

Martin Harrison

(Australie)

 

 

Harrison

Photo @ Marco Bok

 

 

Poète et critique australien, Martin Harrison a publié plusieurs recueils de poèmes, parmi lesquels Summer (Paper Bark Press, 2001), qui lui a valu le prix de poésie Wesley Michel Wright, The Kangaroo Farm (Paper Bark Press, 1997) et The Distribution of Voice (University of Queensland Press 1993), ainsi que Music, paru en 2005 chez Vagabond Press. Il a également publié chez Haelstead Press un recueil d'essais sur la poésie australienne, l'écriture contemporaine et le sens de l'environnement intitulé Who Wants to Create Australia? qui a été sélectionné par le Times Literary Supplement comme « International Book of the Year 2004 ». Certains de ses poèmes ont été traduits en allemand, en tchèque et en mandarin, et un choix de ses poèmes doit paraître en Chine durant l'année 2007. Il a reçu de nombreuses bourses de l'Australia Council, et a accompli des résidences d'écrivain à la B.R. Whiting Library de Rome et à la Yaddo Artists Colony, au nord de l'état de New York. Il enseigne la poésie et l'écriture à la University of Technology de Sydney, dont il dirige le programme d'écriture et d'études culturelles. Il prépare enfin un nouveau recueil de poèmes, ainsi qu'une nouvelle création sonore pour ABC Radio.

 

PLUM TREES

 

What the plum trees were doing
was loading galaxies of flowers
like night sky's sprawling fire
in the middle of daylight.

Space turned into bloom and fruit.
Soil rose into juice and scent.
Electric, shaken, utterly still,
unpruned wands thirsted for Spring.

Like gluttons, the trees sucked everywhere
from hidden water, seemingly nowhere -
that was the ground inside the dark
as we walked dry earth, dead grass.

Unreasonably, not beyond forgetting,
it's that year's dry light which falls away
as if plum trees flare in unfenced shadow,
momentary as thought, or as a trace of thought.

 

Max Rippon

(Guadeloupe)

 

Max Rippon

 

Max Rippon est né le 29 février 1944 à Grand-Bourg de Marie-Galante. Son enfance s'est déroulée à Grand-Bourg jusqu'à l'âge de onze ans, moment de son départ pour Pointe-à-Pitre, au lycée Carnot. Depuis, il vit en Guadeloupe continentale, tout en se définissant, comme un forcené, fondamentalement marie-galantais.

Au lycée Carnot, il fréquente de jeunes poètes, dont Sony Rupaire avec qui il partage une longue amitié. Puis, encouragé en poésie par Guy Tirolien, écrit en créole et en français, en se faisant le chantre de la mémoire collective de son île d'origine.

Il est l'auteur d'un récit, Le dernier matin, et de deux romans (racontages), Marie La gracieuse et Six virgule Trois (Secousses à Terre de bas), tous parus aux éditions Jasor, à Pointe-à-Pitre, respectivement en 2000, 2003 et 2006.

Il a publié en poésie Pawòl naïf, 1987, Feuilles de mots, 1989, Dé goût dlo pou Dada, 1991, Agouba, 1993, Rékòt, 1996, et Débris de silences, 2004..

Un choix de ses poèmes a paru en 2006 aux éditions le Temps des Cerises, à Paris, dans l'anthologie réalisée par Jacques Rancourt : Antilles-Guyane, anthologie de poésie antillaise et guyanaise de langue française.

 

COUVRIR LE SILENCE

 

Je souffre en frère impuissant le calvaire de vos pas

Et j'appelle à vous joindre la cohorte des silences blasés

Je souffre en frère impuissant la litanie de vos humiliations

Je souffre en frère impuissant pour chaque partie de vos corps lardés

Je souffre en frère rebelle quand je mange à ma faim

La pitance qui vous manque le soir à midi

Je suis amer et triste de me résigner seulement à souffrir

Je suis amer et triste de me résigner à casser mon fusil

Contre les murs sans cesse rehaussés des combats inégaux

J'appelle les bouches sans voix à donner alerte de vos pleurs

J'appelle les bouches sans voix à détourner les oublis complices

 

J'accuse de perte de mémoire les vagues blessées des savanes sèches

J'accuse de vigie borgne le baobab majestueux qui domine le vent

 

Fiona Sampson

(Grande-Bretagne)

Sampson

 

 

 

 

Fiona Sampson est titulaire d'un doctorat de philosophie du langage, et a été chargée de recherche à l'Oxford Brookes University de 2002 à 2005. Consultante internationale sur l'écriture dans le domaine de la santé, elle collabore au Guardian, à l'Irish Times et à d'autres périodiques.

Elle a traduit entre autres le poète estonien Jaan Kaplinski, une anthologie de jeune poètes d'Europe centrale, et a fondé la revue Orient Express, consacrée aux jeunes auteurs dans l'ex-Europe de l'Est. Elle dirige la Poetry Review, à Londres.

Fiona Sampson est l'auteur de quatorze ouvrages - de poésie, de philosophie du langage et sur le processus de l'écriture -, dont les plus récents sont The Distance Between Us (Seren, 2005) et Writing: Self and Reflexivity (avec Celia Hunt, Macmillan, 2005). Common Prayer doit paraître chez carcanet en 2007. Elle a reçu le Newdigate Prize, et « Trumpetor Beach » a été finaliste du prix Forward 2006. Huit de ses livres ont été traduits, dont Patuvachki Dnevnik (journal de voyage), qui a reçu le Zlaten Prsten 2003 (Macédonie). Parmi les autres prix qu'elle a reçus, signalons l'Arts Councils of England and Wales, le prix de la Society of Authors, et, aux Etats-Unis, le Charles Angoff Award, distinction annuelle de la Literary Review's.

 

MESSAIEN'S PIANO

 

Messaien's piano

throws notes like handfuls of stones

at coloured panes

of God:

birds'

arrhythmic hearts,

precipitated into the bluster

and terror of spring.

 

The beautiful world hardly responds

yet they go on - chorus, soloist - making a joyful noise

unto the Lord.

 

Are you glass;

is your absence a mirror?

Well, I chuck pebbles.

Far off - from a distant copse -

hear cadences of body: suspension, interruption.

That long, perfect fall.

 

Fabio Scotto

(Italie)

 

 

Scotto

 

Fabio Scotto est né à La Spezia en 1959 et vit à Varèse. Professeur de littérature française à l'Université IULM de Milan, spécialiste de l'oeuvre de Bernard Noël et d'Yves Bonnefoy, il est l'auteur des essais Le Neveu de Rameau de Denis Diderot (1992), Bernard Noël: il corpo del verbo (1995) et de nombreux articles et communications sur Tardieu, Michon, Michaux, Cendrars, Ponge, Bonnefoy, Frénaud, Cioran. Il a dirigé le cahier « Yves Bonnefoy » de la revue Europe (juin-juillet 2003) et le colloque international de Cerisy sur « Bernard Noël : le corps du verbe », en juillet 2005.

Il a traduit une vingtaine d'ouvrages, parmi lesquels Chatterton d'Alfred de Vigny, Notre-Dame de Paris de Victor Hugo (préface d'Umberto Eco), les Premières poésies de Villiers de l'Isle-Adam, dix livres d'Yves Bonnefoy, dont il prépare l'édition scientifique des Poésies complètes pour la collection des Meridiani (Mondadori, Milan), et six de Bernard Noël.

Il a reçu en Italie les prix de traduction littéraire Civitanova Poesia 1998, Achille Marazza 2004 et le Prix spécial du jury du Premio Europeo 2006.

Poète, il est l'auteur de huit recueils, parmi lesquels Genetliaco (2000), L'intoccabile (2004), en français Piume, Plumes, Federn (Verlag Im Wald, Editions En Foret, 1997), Le corps du sable (L'Amourier, 2006, préface de B. Noel) et de nombreux livres d'artiste. Ses poèmes ont été traduits en une dizaine de langues (en français par Bernard Noël, Jean-Baptiste Para, Vénus Khoury-Ghata, Bernard Simeone, Patrice Dyerval Angelini et d'autres).

 

CHINA SULL'ACQUA...

 

China sull'acqua

la mondina orientale

immersa nel fango

estrae dal torbido

i chicchi saporiti

lumache o lombrichi

Mentre dietro si stende

un sentiero infinito

fin dove l'occhio si perde

e lascia il corpo all'acqua

il campo alle termiti

il cielo alle sue stelle

George Szirtes

(Grande-Bretagne)

 

 

George Szirtes

George Szirtes est né à Budapest en 1948 et est parti en Angleterre comme réfugié en 1956. Il a reçu une formation artistique. Son premier recueil de poèmes, The Slant Door (Secker and Warburg), a paru en 1979 et lui a valu le prix Faber ; son recueil le plus récent, le douzième, Reel (Bloodaxe) a remporté en 2005 le prix Eliot. Entre les deux, quelques dix ouvrages ont reçu différentes distinctions. On peut trouver plus de détails sur son propre site, où il tient aussi un journal personnel.

Il est également traducteur de poésie, de romans et autres formes de littérature hongroise. Sa version de la pièce en vers du 19e siècle d'Imre Madách, The Tragedy of Man, lui a mérité le Déry Prize. Celle des poèmes choisis de Zsuzsa Rakovszky, New Life, a obtenu le prix européen de la traduction. D'autres de ses traductions ont été présélectionnées pour le Weidenfeld Prize, l'Aristeion Prize et le Popescu Prize. Ses traductions les plus récentes sont, en vers, les poèmes choisis d'Agnes Nemes Nagy, The Night of Akhenaton, et, en prose, Conversations in Bolzano de Sándor Márai et The Melancholy of Resistance de László Krasznahorkai.

George Szirtes a par ailleurs dirigé la publication de plusieurs romans et ouvrages de poésie britanniques, de même que des anthologies de littérature hongroise, et rédigé une monographie artistique, Exercise of Power: The Art of Ana Maria Pacheco. Un enregistrement de ses lectures de poèmes est enfin disponible chez The Poetry Archive.

A BUDAPEST WEDDING

 

These are the courtyards of the ordinary.

These are the floors of the tenement;

the floor of the woman who trails them, of the plain

wings of windows, the silent courtesy

of iron railings, of the intensely white event

of a wedding dress that will never be worn again.

 

Below them the vortex of the yard in which tears

gather like rain in buckets along with other encumbrances.

The woman dreams a city. The bride makes the bed.

The groom strokes the bride's hair. Nothing appears

to be missing. Nothing vanishes. Light dances

all by itself as if the building were untenanted.